Exposition Emile Claus à Deinze
Allez voir en urgence l’exposition sur Emile Claus à Deinze : elle vaut vraiment le coup !
Sur les conseils d’une amie, me voilà partie par un brouillard à couper au couteau à une soixantaine de kms de Bruxelles voir l’expo de Claus, un peintre dont j’ignorais jusque-là même le nom. Dépêchez-vous : cette expo est superbe et se termine dans quelques jours.
Impressionniste ou luministe ?
Renoir, Sisley, Monet, Pissarro, Degas, Manet, Morisot, Cassatt…. Pour nous autres Français, les peintres impressionnistes sont si nombreux qu’on ne cherche pas à connaître les artistes hors notre hexagone !!! Or Emile Claus pourrait aisément figurer parmi la liste précédente.
Claus : un impressionniste ? Vrai dans la mesure où ce peintre allie, comme les impressionnistes, le portrait de proches, la nature et un certain flou dans ses coups de pinceau. Faux car son style un peu autre lui a valu d’être considéré comme ‘le’ peintre du luminisme.
Le luminisme : késako ??
Le terme de luminisme évoque divers groupes de peintres (belges, hollandais, espagnols, russes, américains) qui ont représenté surtout des paysages avec des effets de lumière directs ou reflétés dans l’eau en une palettes douce et ensoleillée. Nom générique, le luminisme désigne l’art belge influencé par l’impressionnisme français et Emile Claus en est la figure de proue. Si Claus est fortement imprégné par l’art de ses confrères impressionnistes, il perpétue néanmoins une tradition réaliste propre à l’art belge.
Une expo qui suit la chronologie
Double hommage et anniversaire du peintre en cette exposition, 2024 marquant le 100 ème anniversaire de sa mort et le 175 ème de sa naissance. C’est à Deinze que se tient, pour quelques jours encore, cette expo ; le peintre ayant su mieux que personne recréer l’atmosphère et la lumière autour de La Lys, (avec entre autres l’œuvre ‘récolte de betteraves’ indissociable de la région).
12 ème d’une famille de 13 enfants, Emile Claus est né en 1849 et son père tenancier d’une épicerie-auberge n’apprécie guère ses talents artistiques. Néanmoins après une formation à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers il décide de se consacrer à la peinture dès ses 20 ans.
Elève de Jacob Jacobs, de Joseph Geefs et de Nicaise de Keyser ; il se fait très vite une certaine réputation parmi les Anversois qu’il portraiture et pour la qualité de ses œuvres de genre ; mais c’est un voyage au Maghreb (Algérie et Maroc) qui lui fait découvrir la nature.
Ses expositions à Gand, Bruxelles dès 1875 le font très vite connaître et repérer pour la beauté de toiles où il décompose le prisme et le réfracte à travers de nombreux tons.
Fraîchement marié, il s’installe en région flamande à Astene proche du charmant village de Laethem St Martin ; ce qui lui permet de vivre au bord de La Lys dans une région baignée par la rivière et la naturalité d’une campagne encore préservée.
Très vite le succès est présent et tant lui-même que ses œuvres sont réclamées aux Etats-Unis, en Italie et en Angleterre pour des expositions majeures.
Contrairement aux impressionnistes français qui ne survécurent dans leur quotidien que grâce au mécénat du marchand Durand-Ruel ; Claus est très vite apprécié et consacré par Bruxelles, Venise, Pittsburgh, Londres ; créant dans ses toiles une « Flandre des peintres que la peinture ignorait jusque-là ».
Au sommet de sa gloire et financièrement aisé, il est cependant forcé à 65 ans de s’exiler à Londres pendant la Grande Guerre. Cela vaut de très belles vues sur la Tamise où l’influence d’un Monet se fait fort bien sentir.
De retour à Astene en 1918, il poursuit la peinture en une vision de la nature qui lui valut le nom de ‘Peintre du soleil’ et meurt inopinément en 1924 ; alors qu’il devait recevoir le lendemain la reine Elisabeth d’Angleterre, laquelle plébiscitait son talent et alors qu’il travaillait sur ‘Moisson d’or’, une toile restée inachevée sur son chevalet.
Musée de Deinze
Lucien Matthyslaan 3-5
9800 Deinze
09 381 96 70
Jusqu’au 26 janvier 2025
Infos pratiques : profitez de cette visite pour faire un petit tour au charmant et proche village de Laethem St Martin. Coquet et respirant un cossu et certain art de vivre à la belge, il présente de nombreuses galeries d’art. Il doit être ultra touristique aux beaux jours et dévoile en hiver une atmosphère paisible et romantique à souhait.
Sur votre chemin vous pouvez vous arrêter à Brasserie Boulevard, une bonne adresse pour une grillade Simmenthal ou une bonne grosse sole meunière. Entre 39 et 45 € le plat, le restaurant n’est pas d’un excellente rapport qualité / prix ; mais lors de mon passage en semaine il était plein à craquer !!
Kortrijksesteenweg 175
09 279 12 00
Certains visuels ont été fournis par le musée